D‘OÙ VIENT NOTRE FRANÇAIS ?
La langue du Canada a été apportée par des Français venant du Nord-Ouest de la France.
À l’époque de Jacques Cartier, les Français du nord de la France ne comprenaient pas
toujours ce que disaient les Français du sud de la France : c’était parfois un peu
comme s’ils parlaient deux langues différentes. Au nord, on parlait des dialectes
d’oïl, au sud, on parlait des dialectes d’oc.
Dans le Nord de la France, on se comprenait d’une région à l’autre parce qu’on
parlait tous un français semblable. Les différences n’étaient pas assez grandes
pour qu’on ne se comprenne pas du tout. Mais on pouvait quand même reconnaître à
son accent, à son vocabulaire, à ses tournures de phrases, quelqu’un qui venait
de la Normandie, de la Bretagne ou du Poitou.
LE DÉBUT D’UNE LONGUE AVENTURE
La plupart des colons qui se sont installés au Québec venaient de Normandie, de Paris
et ses environs, de Perche et de Bretagne. Et ceux qui se sont installés en Acadie
venaient la plupart du Poitou et de la Charente. C’est l’une des
raisons qui explique pourquoi les Acadiens parlent un français différent de ceux des
autres Canadiens.
ET ENSUITE, AU CANADA ?
Le français au Canada a continué à évoluer, à changer. Toute langue évolue.
Si elle n’évoluait pas, elle mourrait, parce que rien ne viendrait l’enrichir et
la garder vivante. La langue s’étend aussi, voyage d’une région à l’autre, d’un
pays à l’autre. Les personnes qui se déplacent emportent dans leurs bagages
leur langue.
Le français de l’Acadie a voyagé jusqu’en Louisiane, dans le Sud des Etats-Unis.
Le français du Québec a voyagé vers l’Ontario, puis vers l’Ouest du Canada,
au Manitoba, en Saskatchewan. Il s’est aussi retrouvé dans le Nord des Etats-Unis,
en Nouvelle-Angleterre, au Missouri, au Michigan, quand les Québécois sont
partis travailler dans ces régions.
Une langue, c’est un peu de soi qu’on laisse en souvenir dans une région.
Ce sont des traces d’un passage.
COMMENT LA LANGUE CHANGE ?
On peut continuer à employer des mots que les gens d’autres
régions cessent d’employer;
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On peut emprunter des mots à d’autres langues;
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On peut créer des mots nouveaux.
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Archaïsme (vieux mot)
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Emprunt ( mot emprunté à une autre langue )
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Néologisme (nouveau mot)
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Exemples :
Garrocher
Niaiser
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Exemples :
Caribou
Achigan
Carcajou
Babiches
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Exemples :
Courriel
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| ARCHAÏSME |
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On garde un vieux mot alors qu’ailleurs les gens qui parlent le français
cessent de l’employer.
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C’est un peu comme si on continuait à porter un chandail qu’on aime bien
mais que la mode du chandail est passée. Le français du Canada, parce qu’il
a été un peu isolé de la France après la Conquête, a conservé des vieux mots
qui ne sont plus utilisés en France ou qui sont seulement utilisés dans certaines
régions de la France. Ces vieux mots et ces anciennes tournures de phrases,
qu’on appelle archaïsmes, sont bien français. En France, on ne les reconnaît
plus parce qu’on a perdu l’habitude de les employer.
Exemples : Garrocher
Niaiser
| EMPRUNT |
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On emprunte un mot à une autre langue.
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Comme toutes les langues, le français du Canada a emprunté à d’autres langues.
Les gens qui habitaient le Canada ont été en contact avec des gens qui parlaient
une autre langue : les peuples autochtones lorsqu’ils sont arrivés en Nouvelle-France
puis plus tard, les Anglais.
Aujourd’hui, les francophones du Canada continuent à côtoyer des gens qui
parlent d’autres langues : l’anglais mais aussi le portugais, l’italien,
le vietnamien, etc.
Comme on emprunte parfois des objets à un ami que l’on rencontre souvent,
les francophones du Canada ont emprunté des mots aux peuples qu’ils ont
rencontrés.
LANGUES AMÉRINDIENNES
Les premiers colons ont emprunté des mots aux langues amérindiennes.
On dit alors que ce mot emprunté est un amérindianisme.
Les mots que les premiers colons ont empruntés désignent le plus souvent des
objets ou des animaux que les Français n’avaient jamais vus en France. Quand
ils sont arrivés au Canada, comme ils n’avaient pas de mots pour nommer ces
nouvelles choses, ils ont pris le mot qu’utilisaient les peuples autochtones.
Exemples :
Caribou
Achigan
Carcajou
Babiches
Parfois, les Français ont emprunté la façon que les Amérindiens avaient pour nommer
un lieu. Québec, c’est « là où le fleuve devient étroit », Canada, c’est le
« village ».
Les colons français ont beaucoup appris des peuples autochtones – comment survivre
en hiver, comment guérir du scorbut, comment chasser - mais ils n’ont pas emprunté
beaucoup de mots aux langues autochtones.
L‘ANGLAIS
Aujourd’hui, l’anglais est très répandu. On le parle aux
Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne et dans bien d’autres pays.
On l’entend à la radio et à la télé. C’est pourquoi les Français du
Canada ont beaucoup emprunté à la langue anglaise. Quand un mot est
emprunté à l’anglais, on dit que ce mot est un
anglicisme.
On n’emprunte pas à l’anglais pour les mêmes raisons qu’on a emprunté
aux langues amérindiennes. Les premiers colons empruntaient aux langues
amérindiennes parce qu’ils n’existaient pas de mot dans leur langue pour
nommer ce qu’ils voyaient de nouveau.
Aujourd’hui, on emprunte souvent à l’anglais même s’il existe un mot français
pour nommer l’objet. C’est un peu comme si on voulait adopter les habitudes du
garçon ou de la fille la plus populaire de l’école : sa façon de s’habiller,
ses goûts en musique, en films, en livres, et même sa façon de parler! Pour
des mots comme
chum,
brake et
goaler, il y a pourtant un mot qui existe en français.
| NÉOLOGISME |
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On crée des mots nouveaux. Ces mots qui ont été créés se
nomment des néologismes. Néo- veut dire nouveau.
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Il y a plusieurs façons de créer un mot mais chaque fois, on part d’éléments du français qu’on transforme. C’est un peu comme quand on puise dans le bac de recyclage pour créer quelque chose de nouveau et de magnifique
Recyclage 1 :
on prend deux mots que l’on fusionne ensemble pour ne former qu’un seul mot.
Courriel : courrier
+ électronique

courriel
Recyclage 2 :
On prend un mot qui existe déjà et on étend son sens.
Souris : petit animal rongeur avec une queue

appareil électronique
Embarquer : monter dans une barque

monter dans un moyen de transport (avion, train, autobus)
Recyclage 3 :
On prend un nom de personne célèbre
(un inventeur, un grand chef de guerre) et
on donne le nom de cette personne à son
son invention ou à un objet qui rappelle
son importance.
Eugène Poubelle
Poubelle :
Pour prévenir une nouvelle épidémie de choléra, Eugène Poubelle demanda aux Parisiens de mettre les ordures dans des boîtes spéciales, qu’on nomma “boîtes- Poubelle”.
Conception graphique:

Monique Caron, Graphiste/Illustratrice